La restauration des peintures murales
Dans le cadre de son programme de modernisation ATHENA, le musée de l’Armée souhaite faire redécouvrir à ses publics un patrimoine inaccessible depuis de nombreuses années : les grandes peintures murales du XVIIè s. décorant l’ancien réfectoire nord-ouest de l’Hôtel des Invalides et célébrant la politique de conquête militaire de Louis XIV. Cette salle présente un type de décor monumental assez courant au XVIIè s. mais dont il ne reste à ce jour quasiment aucun exemple conservé et que les archives mentionnent peu. Le décor présent dans ce réfectoire des Invalides se révèle donc être inédit. Un chantier de restauration, baptisé CLIO, a débuté en janvier 2005, afin de rendre à ce lieu, salle d’exposition permanente du musée, son aspect du XVIIè s., tel que l’avait voulu Louis XIV.
Ces peintures (huile sur pierre) sont réalisées entre 1679 et 1681 sur commande royale par le peintre de batailles Joseph Parrocel, protégé de Louvois, ministre de la guerre (fondé en 1670, l’Hôtel des Invalides est bâti en seulement 3 ans, de 1671 à 1674). Cet artiste, longtemps méconnu, est à ce jour reconnu comme un des grands peintres de batailles du régime de Louis XIV. La composition de Parrocel intègre un programme iconographique commun aux 4 réfectoires, construits de part et d’autre de la cour d’honneur des Invalides. Leurs décors, dont la réalisation est répartie entre 3 artistes, sont contemporains des soldats qui logeaient alors aux Invalides: ils racontent la guerre de Dévolution et les campagnes victorieuses de la guerre de Hollande, en rendant ainsi hommage à la bravoure et au dévouement de ces soldats. Le décor du réfectoire nord-ouest se compose de grandes peintures de batailles et sièges de villes, séparées par des éléments architecturaux en trompe l’oeil, procurant l’impression d’une galerie d’architecture ouverte sur des paysages. La salle est introduite et conclue par des tableaux montrant le roi, commandant en chef des armées, donnant ses ordres pour la campagne et recevant la soumission de l’ennemi. Un chantier complexe et délicat
Le chantier de restauration actuel s’avère complexe et délicat. Les peintures ont en effet subi dès le XVIIIè s. des restaurations successives et des dégradations, jusqu’à masquer entièrement certaines parties.
Le chantier de restauration engagé par le musée portera à la fois sur les enduits et la couche picturale. Les restaurateurs ont à charge de nettoyer et consolider l’ensemble, de rétablir une harmonie générale, et de rendre l’effet de trompe l’oeil initial. Des sondages et des dégagements ont déjà permis, au début de cette année, de découvrir des compositions cachées jusqu’alors, parfois de façon inattendue. Un écrin pour les collections royales du musée
Cette salle restaurée constituera un nouvel écrin pour la présentation des collections d’armes et d’armures des rois de France du musée de l’Armée, détenteur de la 3è collection mondiale d’armes anciennes. Dispersées à la Révolution, ces pièces royales peuvent aujourd’hui être restituées grâce à une politique d’acquisition et d’inventaire menée depuis une quarantaine d’année.
|
Informations pratiques
Dimensions du réfectoire :
Longueur: 44,26 m. Largeur: 7,35 m. Hauteur: 7,50 m. Superficie: 352 m2 Maîtrise d’ouvrage :
général Robert Bresse, directeur du musée de l’Armée. Maîtrise d’oeuvre : Benjamin Mouton, architecte en chef des Monuments Historiques. Restauration des peintures : Madeleine Hanaire, mandataire d’un groupement de 28 restaurateurs de peinture. Chantier conduit par le musée de l’Armée, avec la participation de la Direction de l’Architecture et du Patrimoine (DAPA), et le soutien financier du CIC.
Coût :
1 600 000 € apportés par le musée de l’Armée, 450.000 € par le CIC, soit un total de 2 050 000 €. Planning : Début du chantier : 27 décembre 2004 Fin du délai contractuel : 27 juin 2005 |